Comprendre la menace shebab dans la corne de l’Afrique

Introduction

Depuis l’accession à l’indépendance et à la souveraineté politique, les Etats africains souffrent d’instabilité à cause des conflits. A l’intérieur des pays, plusieurs belligérants s’affrontent dans le but de contrôler le territoire,  affirmer leur légitimité ou asseoir leur hégémonie. C’est le cas de la Somalie qui depuis la fuite du président Siad Barre s’est vue plongée dans une guerre civile sans fin. Il y a  21 ans, les puissances coloniales, les pays frontaliers ont lancé une offensive contre l’Union des tribunaux islamiques pour installer un pouvoir légitime en Somalie après la vacance du pouvoir. Les shebab, aile radicale de cette union a créée une insécurité généralisée dans le pays malgré l’union conjointe des forces américaines, éthiopiennes, ougandaises (AMISOM) et kenyanes. Ils contrôlent la majeure partie du territoire somalien au détriment du gouvernement de transition qui s’est repliée au Kenya. Il sera donc question dans ce devoir de montrer non seulement la transnationalisation du conflit somalien mais aussi la crise de la souveraineté de ce territoire durant la période 2009- 2011. Dans le but de mieux appréhender ce problème, nous aborderons primo les traits historiques de ce conflit, secundo l’envergure transnationale qui marque ce conflit, tertio la crise de la souveraineté territoriale de la Somalie.

I-                   Historique de la guerre civile somalienne

Situé dans la corne de l’Afrique, la Somalie est un pays qui fut colonisé par la France, l’Angleterre et l’Italie. Ceux-ci se partagèrent cette corne de l’Afrique parce qu’elle constituait une zone stratégique sur la route commerciale de l’Océan Indien. « L’instabilité de la Somalie remonte à sa naissance même, en 1960. Les dirigeants du British Somaliland, au Nord, et la Somalia italiana, au Sud ont décidé de se fondre en un seul État. Or en 1961, lors du référendum constitutionnel, le Nord, moins peuplé, vota pour un État fédéral alors que le Sud, choisit un État unitaire. Les perdants tentèrent le premier d’une longue série de putschs, réprimés par le gouvernement de Mogadiscio. Les causes de cette divergence sont à rechercher dans les projets coloniaux et dans la période précoloniale[1]. » Après son indépendance le 1er juillet 1960, le pays fut gouverné d’une main de fer par le président Mohammed Siad Barre qui voulait préserver son unité. Après la destitution du président Barre le 27 janvier 1991, le pays tombe sous la férule de différents mouvements islamistes qui revendiquent l’autonomie de leur territoire. Le 18 mai  1991, le Nord du pays déclare son indépendance et prend le nom de Somaliland. C’était une ancienne colonie britannique composée pour la plupart des Issak, un peuple qui avaient subi les répressions de Siad. Le centre aussi devient indépendant sous le nom de Puntland.

Dès 1991, la Somalie est secouée par plusieurs coups d’Etats et miné par les guerres entre les chefs de clans. Cette guerre opposait différentes factions islamistes qui revendiquaient le pouvoir de Mogadiscio. Certains mouvements islamistes contestaient l’autorité de Mogadiscio, les exactions et répressions sanglantes du régime et revendiquaient l’autonomie du Nord. Au nombre de ces mouvements, on note les shebab qui, depuis 2006 revendiquent l’intégrité territoriale et l’unité de la Somalie. La partie Sud est dès cette période en proie aux combats qui opposent les puissances occidentales, les USA, l’Ethiopie, le Kenya qui soutiennent le gouvernement fédéral de transition (GTF) et les différents mouvements islamistes (les shebab) qui veulent annexer le territoire. Le gouvernement de transition a été présidé de 2004 à 2008 par Abdullahi Yusuf Ahmed qui a cherché à protéger la capitale Mogadiscio de la menace du mouvement Al-Shabaab.

II-                La transnationalisation du conflit

A-    La menace shebab

1-      Stratèges

Les shebabs incarnent la branche radicale des tribunaux islamiques liée à Al-Qaïda. Le groupe s’est formé à partir des combattants étrangers qui ont afflué en Somalie, en provenance notamment d’Afghanistan, du Pakistan, de Tchétchénie, de la Péninsule arabique et d’Irak. Il a été dénombré une quinzaine de camps d’entraînement du groupe sur le territoire somalien. Emergé en 2007, le mouvement radical Al-Shabaab avait déjà sa carte d’identité de terroriste délivrée le 29 février 2008 par les américains. Les shebabs, de leur nom complet « Harakat a-shabaab al-moujahideen » (« mouvement des jeunes moujahidines » revendiquent  la libération de la « terre sainte de Somalie », l’expulsion de  toutes les troupes étrangères et l’application de la charia[2]. Toute résolution politique de la crise somalienne est à écarter selon ce mouvement radical islamiste. Les techniques de combat des shebabs sont : l’attaque armée, les kamikazes, l’attaque à la bombe, les attaques ciblées des voitures.

2-      Puissance régionale

Le mouvement Al-Shabaab  a pris le contrôle d’une grande partie du sud et du centre de la Somalie dès le début 2007. Ils ont provoqué des attentats suicides dans la république autonome de Puntland et du Somaliland au Nord. En effet, ces deux républiques autonomes sont soutenues politiquement et économiquement par l’Ethiopie. Il y eut six attentats-suicides dans la capitale de Somaliland au nord Hargeisa visant les bureaux de l’Union Africaine, le palais présidentiel et l’ambassade éthiopienne[3]. Dans la zone nord-ouest de la Somalie appelée Puntland à Bosasso, le 29 octobre 2008, les islamistes shebab revendiquent un attentat-suicide qui coûta la vie à six agents des services de renseignement du Puntland Intelligence Service. Il est clair que les menaces de mort des shebabs pèsent sur toute structure bénéficiant de l’aide éthiopienne. Hostiles à la présence éthiopienne sur la terre somalienne, les shebabs ne feront la paix qu’après le départ systématique des militaires éthiopiens. La guerre est  le moyen légitime d’imposer une hégémonie sur les territoires dirigés par les chefs de clan. Par les attentats ciblés des personnalités du gouvernement, ils montrent leur total contrôle du sud et du centre du territoire.

Aussi à l’Ouest de Mogadiscio, Afgoye constituait la ville stratégique des shebabs leur servant de base arrière. C’est l’un de leurs bastions qui regorge des milliers de réfugiés fuyant les tirs et affrontements de la capitale. Deynile, une banlieue de la capitale somalienne ouvre sur le couloir d’Afgoye et représentait le lieu d’approvisionnement en armes et en nourriture des troupes shebabs. Ils sont aidés par les rebelles d’Al-Qaïda. C’est de cette base que les shebabs ont planifié les multiples attentats dans Mogadiscio. Les shebabs ont  lancé l’offensive contre l’Alliance pour la restauration de la paix et pour le contre-terrorisme (ARPCT), soutenus par les USA en mars 2006. Ils ont menacé les seigneurs de la guerre et le gouvernement de transition pendant trois mois dans des affrontements violents à Mogadiscio. Cela fut soldé par la victoire des Tribunaux islamiques le 05Juin 2006. C’est dire que le gouvernement de transition n’a pas pu protéger ses dernières positions et ses troupes ont essuyé de nombreuses pertes de vies humaines. En témoignent l’attentat-suicide revendiqué le 18 septembre 2006 à Baïdoa devant le Parlement transitoire visant le président Abdullahi Yusuf Ahmed. On dénombre 11 morts[4].

Le 24 septembre 2006, la ville de Kismayo, la troisième ville du pays tombe aux mains des Shebab. L’armée somalienne fut mise en déroute. Situé à 500 km au sud de Mogadiscio, le port de Kismayo était l’un des bastions des shebabs où la milice importait armes et munitions. Les commerçants de la ville payaient également des impôts importants aux combattants.

Par ailleurs, le gouvernement de transition n’arrivait plus à contrôler la capitale ni les villes environnantes car le centre et le sud du pays étaient sous l’autorité directe des rebelles shebab qui font appliquer la charia. Le gouvernement appuyé par les Nations Unies contrôle seulement quelques quartiers de la ville de Mogadiscio et le siège du parlement, Baidoa. Estimés entre 5000 et 8000 hommes dont 2000 prêts au combat et entraînés, les shebabs menacent la coalition des troupes conjointes de l’AMISOM (Mission de l’Union Africaine en Somalie), de l’Ethiopie, des forces gouvernementales. Ils qualifient de mécréant le gouvernement qui s’est allié à l’Ethiopie et menacent non seulement Mogadiscio mais aussi la capitale kenyane et ougandaise. La récente attaque en juillet 2010 provoqua la mort de 76 personnes à Kampala, en Ouganda[5].

En Mai 2009, les islamistes shebabs prennent la ville de Jowhar, une ville située à 90 km au nord de la capitale en moins de deux heures de combat. C’était le fief du président Ahmed après son retour d’exil de l’Erythrée en 2008. Lors d’un point de presse à Mogadiscio, le porte-parole des shebabs Cheikh Muktar Robow a menacé en ces termes : « La guerre se poursuivra jusqu’à la chute du soi-disant gouvernement et le retrait total de leurs alliés chrétiens de notre pays[6] ». C’est encore un nouveau revers subi par le gouvernement de transition qui conforte la thèse de la crise de la maîtrise du territoire.

En somme, les shebabs sont maître de la région de Bay et Bakool, dirigée par Cheikh Moktar, porte-parole du mouvement, Mogadiscio, le centre et le sud de la Somalie entre 2007- 2009. La région septentrionale de la Somalie demeure autonome avec ses deux grandes régions que sont le Somaliland et le Puntland. Selon le Centre Français de Recherche sur le Renseignement, les shebabs disposent de combattants américains qui ont participé en 2006 à des attentats suicides. En effet, le 17 septembre 2009, un double attentat suicide frappait le quartier général de la force de maintien de la paix de l’Union africaine dans la capitale somalienne. Revendiqué par Al-Shabaab, cet attentat faisait 21 victimes parmi lesquelles le commandant adjoint de l’AMISOM, le général burundais Juvenal Niyoyunguruza. La revendication précisait qu’il s’agissait d’une opération visant à venger l’assassinat par les militaires américains de Saleh Ali Saleh Nabhan[7].

Les insurgés islamistes somaliens disposent  d’un soutien logistique et matériel très important capable de frapper durement les positions même des organisations internationales. Ils contrôlent la plupart des villes autour de Mogadiscio. Mais depuis 2009, le groupe Al Shabaab subit les frappes aériennes américaines ciblées et les offensives conjointes des militaires de l’AMISOM et des pays frontaliers.

B-    Les forces étrangères

La position stratégique de la Somalie dans la Corne de l’Afrique est un facteur qui alimente les interventions des Etats puissants. Le golfe d’Aden riche en ressources pétrolières est souvent le théâtre d’opérations intéressées de puissances étrangères. Les forces en lutte contre les tribunaux islamiques sont nombreuses. On note les forces Kenyanes, les forces américaines, les troupes de l’AMISOM, les forces éthiopiennes.

Les USA demeurent l’une des grandes puissances impliquées dans la guerre en Somalie. Ils y sont intervenus dans le but de réduire à néant la force de ses islamistes liés à Al-Qaïda. La Somalie selon les USA constituait pour l’organisation terroriste une base arrière qui a même soutenu l’attentat du 11 septembre 2001. La Somalie constituait aussi pour eux un pays à la croisée du commerce mondial maritime et aérien. « Quelque 90 vols commerciaux par jour traversent son espace aérien. Des voies de navigation maritime transportant le pétrole du Golfe persique et d’Afrique du nord se trouvent au large de ses côtes. Le contrôle de la Somalie est un objectif clé des Etats-Unis pour maintenir son hégémonie mondiale sur ses rivaux comme la Chine [8] ». La présence d’une base militaire américaine au Djibouti confirme cette déclaration. Cette base apporte appui financier et technique à l’Ethiopie. Après l’échec de leur intervention, Restore Hope, en décembre 1992, les Etats-Unis optent pour un appui stratégique et matériel aux forces éthiopiennes, aux soldats ougandais et burundais de l’AMISOM. Il est clair que même les américains ont courbé l’échine devant la puissance des shebabs. Ceux-ci ont démystifié la force militaire américaine en les faisant essuyer un sérieux  revers. C’est dire qu’un mouvement tel que les shebabs malgré son effectif et armement moins important à mis à mal la première puissance mondiale et a terrifié l’autorité en place. Mais en Juin 2011, les américains ont lancé une tentative d’assassinat des Seigneurs de la guerre par drone téléguidé. Depuis 2010, ils ont aidé AMISOM à combattre les shebabs dans Mogadiscio et à proximité de la ville d’Elwak, dans la région de Gedo au sud de la Somalie.

Cependant, il ne faut pas négliger la puissance militaire des USA. En juin 2007, un navire américain avait bombardé des objectifs présumés du réseau Al-Qaïda dans le nord-est de la Somalie. En janvier de la même année, l’aviation américaine avait mené au moins deux raids dans le sud de la Somalie contre des membres présumés d’Al-Qaïda, faisant au moins une centaine de morts selon les chefs coutumiers.

Eu égard aux risques de débordement du conflit somalien sur leur territoire, et face au risque d’annexion de la région éthiopienne de l’Ogaden par les shebabs qui le revendiquent comme territoire somalien et fort du désir de limiter l’expansion radicale de l’islam dans la corne de l’Afrique, les Ethiopiens entreront en guerre contre les tribunaux islamiques en 2006. L’Ethiopie voulait appuyer les Seigneurs de la guerre (islamistes modérés) pour lutter contre les rebelles shebabs qui voulaient annexer l’Ogaden. En fin 2006, elle officialisa son soutien au Gouvernement de transition parce qu’elle soupçonnait l’Erythrée d’aider les shebabs.  Elle envoya donc plusieurs milliers de soldats (entre 15 000 et 20 000) en Somalie combattre aux cotés de quelques 6000 soldats somaliens et bombarda les deux aéroports principaux du pays (Mogadiscio et Belidogle) le 28 décembre 2006[9]. En réponse à l’agression, les tribunaux islamiques lancent le djihad contre l’Ethiopie. L’Ethiopie servait les intérêts américains par cette intervention en Somalie et voulait enrayer la menace terroriste qui pesait sur son pays. L’intervention éthiopienne peut se comprendre dans le sens d’une sauvegarde de la souveraineté territoriale menacée par les différentes attaques ciblées des shebabs. En 2007, les attaques des shebabs dans la capitale Mogadiscio ont fait des victimes dans les rangs éthiopiens et somaliens. Le 25 janvier 2009, le gouvernement d’Addis Abeba a déclaré le retrait des forces éthiopiennes de la Somalie sur demande des islamistes modérés. Les islamistes modérés considéraient la présence éthiopienne comme une « occupation ». Le retrait des troupes éthiopiennes va entraîner une crise de la maîtrise du territoire parce que l’AMISOM, seule force encore sur le terrain en mars 2007 est mal équipée et sous-financée.

L’Amisom regorge de 3. 400 soldats burundais et ougandais, alors que son mandat initial prévoyait un contingent total de 8. 000 hommes. L’intervention ougandaise et burundaise a attisé la haine du groupe Al-Shabaab qui a menacé de frapper au cœur des capitales de l’Ouganda et du Burundi. Les shebabs considèrent toute force étrangère même la force de l’Union africaine en Somalie comme une menace pour l’unité de la Somalie. En représailles de la violation du territoire, ils attaquent les pays qui envoient leurs forces et déstabilisent ainsi toute la corne de l’Afrique.

Quand au Kenya, il décide d’intervenir dans le conflit somalien suite à des rapts des ressortissantes étrangères sur son sol. Le Kenya lance alors une opération militaire le 16 octobre 2011 pour éliminer les ravisseurs shebabs qu’ils soupçonnent. Le Kenya, pays frontalier de la Somalie a été accusé par les shebabs de former les militaires des forces du gouvernement de transition et d’abriter des membres du gouvernement. Ignorante dans la stratégie guerrière, l’armée Kenyane dénomme son opération Linda Nchi c’est-à-dire « protéger le pays ». Le Kenya voudrait contrôler le sud de la Somalie par cette intervention et assurer son hégémonie sur la zone : « nettoyer le sud de la Somalie jusqu’à la rivière Juba, prendre la ville côtière de Kismayo – véritable centre névralgique du mouvement – et, enfin, établir durablement une zone tampon d’une centaine de kilomètres. Cette zone permettrait de limiter les actions d’Al-Shabaab tout en désengorgeant les camps de réfugiés situés au nord du Kenya pour les relocaliser au sud de la Somalie[10] ».

1-      La faillite de l’Etat somalien

Le Gouvernement fédéral de Transition est de loin la seule unité encore fragile qui constitue le gouvernement de la partie sud de la Somalie. L’offensive générale des shebabs a montré la faiblesse du gouvernement. Le 16 juin 2009, le colonel Ali Said Hassan, commandant de la police de la région de Mogadiscio, a été tué dans le district de Hodan lors d’un assaut raté des forces gouvernementales contre les shebabs. Les dignitaires politico-militaires du pays sont tués dans des attaques ciblées. Le gouvernement somalien ne contrôle que certains quartiers de la capitale et s’est replié sur Baidoa et le parlement siège en exil depuis le Kenya. C’est le collapsed-state, terme qui désigne en géopolitique un territoire où l’Etat a cessé d’exister. L’autorité de l’Etat n’est reconnue que par la communauté internationale. L’insécurité et l’anarchie règne même dans les rangs de ceux qui doivent le maîtriser. En témoignent l’attentat-suicide du 17 juin 2009 à Beledweyne, capitale de la province de Hiran dans le centre du pays qui coûta la vie au ministre de la sécurité intérieure, Omar Hashi Aden, ainsi que l’ancien ambassadeur de Somalie en Ethiopie, Abdikarim Lakanyo. C’est un échec cuisant pour la politique du président de transition Cheikh Sharif Ahmed, menacé de mort par ses anciens alliés islamistes. D’où les interminables appels à l’aide internationale et des voisins, signe de l’imminence de l’effondrement du gouvernement de transition (TFG).

Enjeux géopolitiques

Un zoom sur la situation somalienne nous montre comment les frontières d’une guerre fait fi des limites territoriales d’un pays. La guerre civile qui secoue la Somalie n’est pas le fait d’un seul acteur mais de plusieurs. Les relations internationales en Somalie concernent donc non seulement le gouvernement de transition et les shebabs mais aussi les diverses puissances qui veulent « pacifier » le pays. Cette guerre est menée par un mouvement transétatique qui ne limite pas ses actions à la Somalie mais provoque des attentats dans les pays limitrophes. En ce sens, la souveraineté du pays est remise en cause parce que l’insécurité règne. L’intangibilité des frontières est violée par des conflits régionaux. L’instabilité de la corne de l’Afrique touche tous les pays de cette partie. Les shebabs constituent bien la force transfrontalière qui opère dans les pays de la Corne de l’Afrique mais qui a sa base principale en Somalie.

La situation en Somalie montre combien des peuples, des groupes, des clans peuvent redessiner l’architecture politique, territoriale d’un pays au moyen de la guerre civile. La scène internationale n’est plus le monopole seulement des Etats, elle fait appel à des mouvements rebelles, terroristes qui revendiquent leur autonomie, leur identité. Ces acteurs transétatiques veulent participer à la gestion d’un pays. Il serait illusoire de les minimaliser ou de les écarter parce qu’ils continueront de défier l’autorité de l’Etat et de mettre en crise l’intégrité territoriale. L’Etat-nation n’est donc qu’un leurre quand il persiste des conflits sécessionnistes, des revendications d’autonomie dans un pays comme la Somalie.

Conclusion

Le parcours sur la situation en Somalie nous fait voir de près l’action des mouvements transétatiques sur la scène internationale. La sauvegarde de l’intégrité territoriale a échoué à cause de la menace shebab. L’Etat a échoué dans le contrôle du territoire. Cela remet en cause la nature interétatique des relations internationales et force à prendre en compte les mouvements rebelles comme acteur influent dans ces relations.


[1] Alain Gascon, “La Somalie en mauvais état” in http://echogeo.revues.org/  du 14 nov 2012

[2]  « Filière Djihadjiste : qui sont les shebab » in http://www.actualites-des-journaux.com du 14 nov 2012.

[3] « Deadly car bombs hit Somaliland » in news.bbc.co du 16 novembre 2012

[4] “Somalie, chronologie” in www.jeuneafrique.com du 16 novembre 2012.

[5]«  AQMI, ANSAR EDDINE, LES SHEBAB, BOKO HARAM, LE MNLA. Le panier à crabes africain »in www.famonde.com du 16 novembre 2012

[6] « Somalie: les islamistes shebab ont pris Jowhar » in www.jeuneafrique.com du 16 novembre 2012

[7] Alain CHARRET, « Note d’actualité n°191 » in http://www.cf2r.org du 16 novembre 2012

[8] Susan GARTH, « Le gendarme du monde en Somalie ? » in www.wikistrike.com du 16 novembre 2012.

[9] Noémie ROUTIN et Emeline MAZIER, « les relations difficiles entre l’Ethiopie et la Somalie » in http://www.irenees.net du 20 Novembre 2011.

[10]  Romain Lalanne, «Le Kenya en Somalie : les raisons d’une intervention risquée » in leplus.nouvelobs.com du 20 Novembre 2012.

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